"Gazon maudit" / 2018

« Arbeit macht frei » (« Le travail rend libre »), phrase apposée à l'entrée des camps de concentration et d'extermination, est reprise ici dans un dessin réalisé au désherbeur thermique qui s'inscrit dans un travail autour de la mémoire historique du lieu d'exposition, et mettant en évidence la malédiction du travail sur l’homme.
Avec les congés payés mis en place en 1936, la notion de loisirs et de vacances prennent de l’ampleur, et la Fédération Nationale des Œuvres Laïques de Vacances d’Enfants est créée en 1938 sous l’égide de Georges Lapierre, enseignant militant décédé à Dachau en 1945.
En 1960, La Jeunesse au Plein Air projette avec Mr et Mme Jean Besse - parents de Jacques Besse résistant Tarnais torturé et fusillé en 1944, qui connut Georges Lapierre en captivité – de créer un institut médico-social sur leur domaine d’En Dûmes, en l'honneur de leur fils décédé.
 
Cette installation tente de révéler la fatalité du travail sur l’homme mise en exergue par la culture judéo-chrétienne ayant fait du travail une malédiction divine reprise par les nazi.
 
Nous sommes condamnés à travailler pour expier le péché originel, afin de nous en libérer.
 
Aujourd'hui, notre survie en société est difficilement envisageable sans travail. Malgré cela, nous sommes en droit de nous interroger sur le caractère aliénant de celui-ci : Le travail nous permet-il d’accéder à notre liberté comme l'affirme cette citation allemande historique, ou au contraire le travail nous ampute-t-il de la liberté que nous aurions sans lui ?
Cette installation marque également le geste de résistance du détenu Jan Liwacz qui avait volontairement inversé la lettre B à l’entrée du camp d’Auschwitz.
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